Leuven

Au début de l’année, Louis Tobback a remis son écharpe à Mohamed Ridouani, le nouveau bourgmestre bien décidé à préparer sa ville à affronter l’avenir. L’un de ses objectifs est de rendre Louvain totalement climatiquement neutre. Il a ainsi réussi à réunir de nombreux acteurs – dont ION – autour de son programme "Leuven 2030". " Nous aimons travailler dans cette ville tournée vers l’avenir et nous y lancerons bientôt le projet ambitieux Burenberg ", explique le CEO Kristof Vanfleteren.  

Comment est née l’initiative " Leuven 2030 " ? 

Mohamed Ridouani : "Il y a quelques années, quand j’étais échevin de l’Environnement, j’ai constaté que l’administration communale ne pouvait pas réduire les émissions de CO2 toute seule. Il est impossible de relever un tel défi sans collaborer avec d’autres acteurs. J’ai donc pris l’initiativedelancer“Leuven2030”.Ils’agitd’une organisation qui rassemble la ville, des institu- tions de connaissances, des entrepreneurs, des institutions semi-publiques, des associations et des citoyens. Notre mesure de référence a révé- lé que les deux principales sources d’émissions étaient la mobilité (25 % des émissions) et les bâtiments (60 %). Depuis, un plan de circulation a permis d’augmenter de 30 % le nombre de cy- clistes dans le centre. En outre, nous sommes en train de rénover d’anciens bâtiments et de nous occuper de nouveaux projets verts."  

Kristof Vanfleteren : "Quand nous avons lancé le projet Burenberg – un site de deux hectares – nous avons été invités à devenir partenaires de “Leuven 2030”. En tant que promoteur neutre en CO2, nous estimons qu’il est important de mettre nos promesses en pratique. Nous le faisons, d’une part, pour assumer notre responsabilité sociale et, d’autre part, parce qu’il s’agit d’un sujet important pour l’environnement. Les citoyens demandent eux-mêmes des produits durables. "

La ville a pour ambition de maintenir des prix du logement abordables pour tout le monde. Comment comptez-vous y parvenir ?  

Kristof Vanfleteren : "Louvain est l’une des villes les plus chères de Flandre. Les terrains à bâtir sont rares et la demande est forte, nous devons donc réfléchir à de nouvelles formes de logement. Burenberg est un grand projet, mais il offre aussi une grande diversité. Il compte 300 habitations pour plusieurs publics cibles, comme les séniors, les personnes à mobilité réduite et les étudiants. Des logements so- ciaux côtoient des appartements classiques et luxueux. "  

Mohamed Ridouani : " Nous testons égale- ment de nouveaux types d’habitation. Nous voulons faire des choix intelligents en matière de construction, afin d’exploiter de manière optimale l’espace de notre ville en pleine expansion."

Les Louvanistes sont-ils ouverts à ces nouvelles formes d’habitation ? 

Mohamed Ridouani : "Notre population est très instruite, critique et parfaitement capable de raisonner. Je constate que les Louvanistes sont prêts à aller vivre ailleurs, à condition que tous les autres éléments de la ville soient bien gérés : espaces verts en suffisance, loisirs, sport, culture, etc. C’est pour cette raison que nous voulons mettre la barre encore plus haut. L’architecture d’un bâtiment doit évidemment être bonne. Nous devons donc y consacrer beaucoup de temps et de créativité, sans ou- blier l’environnement. Un endroit bien aména- gé permet de rassembler les gens et offre un sentiment de sécurité."  

Kristof Vanfleteren : "Tout à fait. En outre, nous savons que chaque projet a besoin du soutien du quartier. Nous avons donc récem- ment organisé une réunion de quartier à Lou- vain pour parler de Burenberg, et les préoccupations des participants m’ont plutôt étonné. Ces derniers tenaient à ce que des arbres soient plantés pour réduire le niveau local de CO2. Nous avons donc convenu de nous rendre ensemble dans une pépinière pour choisir des arbres."  

En tant que promoteur immobilier, vous n’êtes donc pas uniquement responsable du projet en lui-même ? 

Kristof Vanfleteren : "Bien sûr que non. Pour réaliser un projet, nous avons besoin d’un per- mis de bâtir et d’un permis d’environnement. Des règles strictes s’appliquent par exemple sur le site de Burenberg en ce qui concerne les espaces verts. En matière de mobilité, nous constatons un changement : autrefois indis- pensables à chaque habitation, les places de stationnement ne se vendent parfois plus. Les gens prennent l’habitude d’emprunter des voitures partagées et surtout de se déplacer à vélo."  

Mohamed Ridouani : "Nous adaptons en ef- fet notre comportement. Au début, les gens sont plutôt réticents. Nous l’avons également constaté lorsque nous avons présenté le nou- veau plan de mobilité. Mais une fois que le changement de comportement s’est appliqué, la plupart d’entre eux en ont perçu les avan- tages. Louvain est à présent plus sûre et plus agréable pour les cyclistes et les piétons."

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