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Au début de 2020, six entrepreneurs ont fondé AMAVI Capital : un fonds d’investissement européen qui se concentre sur la technologie immobilière, également appelée proptech. L’un d’entre eux est Arne Allewaert, qui a aidé à lancer ION et a contribué à la croissance de l’entreprise. Avec AMAVI, il se lance dans une nouvelle aventure, mais s’en tient aux mêmes valeurs : innovation, entrepreneuriat et durabilité. Arne Allewaert et son associé Frederic Van den Weghe nous expliquent pourquoi ils croient en la proptech.

Nous formons un écosystème pour relier le monde immobilier de la vieille école à celui de la proptech de la nouvelle école.
Arne Allewaert
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Comment définissez-vous la proptech ?

Frederic : « La proptech englobe la numérisation et l’innovation dans tous les processus du secteur de l’immobilier et de la construction. Elle va de la prospection de terrains à la gestion et à l’utilisation d’un bâtiment, en passant par le processus de construction et de vente. Exemple concret, à Paris, une entreprise collecte des données telles que les prix, les données démographiques et les hauteurs et profondeurs de construction autorisées. En combinant ces données, elle a développé un outil qui permet de rechercher les terrains les plus intéressants dans tout la France. Elle peut ainsi trouver un terrain accueillant actuellement une construction à trois étages et sur lequel la loi autorise à en construire six. Cet outil génère automatiquement les volumes de construction, réalise une étude de faisabilité financière et reprend également les coordonnées du propriétaire du terrain. »

D’où vient l’idée d’investir dans ce secteur ?

Arne : « Tout le monde sait que notre secteur n’est pas durable. En effet, 40 % des émissions mondiales proviennent du secteur de la construction et de l’immobilier. Il est temps de changer la donne, et de plus en plus d’entreprises s’en rendent compte. La proptech aide à trouver des manières durables de construire ou de réduire la consommation d’énergie et d’eau dans les bâtiments. Il semble évident que l’immobilier soit le prochain secteur à devoir innover et donc numériser. Nous aimons le comparer au mouvement de la fintech de ces dernières années. Les opérations bancaires en ligne et les paiements sans contact sont devenus la nouvelle norme. »

Quel type d’investisseurs ciblez-vous ?

Arne : « AMAVI rassemble l’immobilier, la technologie et le capital-investissement. Nos investisseurs se trouvent donc à l’intersection de ces domaines. Il s’agit de promoteurs et d’entreprises de construction, ainsi que d’entreprises technologiques et d’investisseurs plus traditionnels. Dans tous les cas, ce sont des entreprises qui ont le sens de l’innovation. Nous voulons être plus qu’un simple fonds, dans le sens où nous levons des capitaux, investissons et offrons un rendement. AMAVI veut former un écosystème pour relier le monde immobilier de la vieille école à celui de la proptech de la nouvelle école. Les investisseurs testeront en outre leurs propres investissements, ce qui rend l’opération très pertinente. »

Vous vous êtes lancés en pleine crise du coronavirus. Comment cela s’est-il passé ?

Frederic : « Le climat d’investissement était évidemment meilleur l’année dernière, mais le marché suscite encore beaucoup d’intérêt. Le marché de l’investissement n’est pas statique, mais son objectif change. La crise du coronavirus a accéléré les changements technologiques. Notamment au sein des études notariales. Pendant des années, il était impossible d’acheter des biens immobiliers sans y être présent physiquement. Il est désormais possible, en quelques semaines, de donner une procuration numérique et d’acheter (ou de vendre) par vidéoconférence. La crise du coronavirus ne rend donc pas la proptech moins intéressante, bien au contraire. »

Mise en commun des expertises

AMAVI dispose d’actionnaires issus de trois secteurs pertinents. Davy Demuynck, Kristof Vanfleteren et Arne Allewaert viennent du monde de l’immobilier. Frederic Van de Weghe et Paul Thiers ont de l’expérience dans le domaine du capital-investissement et Jonas Dhaenens a fait ses preuves dans le secteur technologique.