Panquin

La notion " d’architecture contemporaine " ne renvoie pas forcément à une ville 
comme Venise. À juste titre. Les règles en vigueur y sont extrêmement strictes. Avec 
le nouveau palais de justice vénitien, le bureau d’architecture C+S Architects a réussi à allier l’âme du passé à une architecture intemporelle. Ce projet lui a d’ailleurs permis de décrocher le BigMat National Award 2017. Nous nous sommes rendus dans la " ville des ponts " et nous nous sommes entretenus avec la directrice de C+S Architects Maria Alessandra Segantini.  

Venise est connue dans le monde entier pour son style typique du 16e et 17e siècle. Avec le nouveau palais de justice, vous misez réso- lument sur une architecture contemporaine. Pourquoi?  

Par le passé, Venise a très souvent été réfrac- taire à l’architecture moderne. Avec ce projet, nous voulions assumer nos responsabilités. C’est pourquoi nous avons relevé le défi de faire entrer une architecture contemporaine dans cette ville historique. Les deux ne sont en effet pas impossibles à combiner. Bien au contraire.  

Qu’est-ce qui rend ce projet unique? 

Le bâtiment se trouve au bout d’une série d’im- meubles industriels vénitiens du 19e siècle appe- lés " tezas ", en face de la Piazzale Roma. Grâce à ce palais de justice, nous avons créé un " teza " contemporain, alliant les différents espaces des immeubles industriels à une texture urbaine plus petite.  

Nous avons étiré la forme compacte tant en hauteur qu’en longueur, afin de pouvoir intégrer le bâtiment dans l’espace restant. L’extérieur est recouvert de cuivre oxydé, à l’aide duquel les Vénitiens distinguaient leurs bâtiments insti- tutionnels des autres bâtiments dans le passé. Ce choix de matériau nous permet de donner le " temps " à notre architecture contemporaine d’évoluer, car nous ne savons pas exactement quand le bâtiment affichera sa couleur vert-de- gris définitive. Avec le cuivre, nous faisons réfé- rence au profil architectural typique de la Venise historique.  

Venise est l’une des principales villes artistiques d’Europe. L’art a-t-il influencé votre travail? 

Les œuvres d’art de qualité retracent l’histoire d’une certaine époque, mais leur signification reste intemporelle. Nous pensons qu’il en est de même avec l’architecture.  

Cette création vous a d’ailleurs permis de remporter le BigMat National Award 2017. Pourquoi avoir relevé ce défi? 

Chez C+S Architects, nous sommes fascinés par les projets qui nous permettent de rendre au public des sites industriels abandonnés ou des sites historiques. Ces lieux font partie de l’iden- tité des citoyens. Ils représentent un élément important de l’histoire des habitants et des vi- siteurs du quartier.  

Vous avez également dessiné les plans du site Panquin à Tervuren, un projet réalisé en partenariat avec ION. Y a-t-il des parallèles avec le projet de Venise?  

Bien sûr. Comme je l’ai dit, la combinaison de l’ancien et du nouveau nous a toujours particulièrement intéressés. Le superbe site historique, comprenant le complexe militaire du Fer à cheval et l’Orangerie, va être restau- ré et accueillera une nouvelle construction. Il comprendra également 3 nouvelles ailes avec une centaine de logements, qui s’intégreront dans l’environnement direct sur le plan spatial et architectural.  

Notre création se compose d’une série de pe- tites places " micro-urbaines ", entièrement réservées aux piétons. Ainsi, nous créons un environnement protégé, idéal pour profiter du parc et des espaces publics. Ces espaces re- lient les différentes parties du projet : habita- tions, hôtel cinq étoiles, restaurants et cafés.  

Vous collaborez avec ION sur ce projet. Qu’est-ce qui rend C+S Architects unique, au même titre qu’ION? 

Nous nous efforçons de sans cesse travailler en fonction de la communauté et de l’identité d’un lieu. Dans le cas de Tervuren, nous avons entamé un dialogue avec l’environnement spectaculaire du parc, le cadre historique et les besoins et envies des voisins.  

Pour le site Panquin, un seul partenaire parta- geait nos objectifs. Avec ION, nous visons une rénovation durable de ce projet, dans le res- pect de l’histoire et de l’identité de Tervuren.

Marie Alessandra Segantini

Maria Alessandra Segantini est cofondatrice et directrice de C+S Architects. Le bureau est établi à Trévise et à Londres. Maria Alessandra est professeure invitée au MIT aux États-Unis et elle expose son travail dans le monde entier. Elle enseigne à temps plein à la School of Art and Architecture de l’université de Hasselt.   

C+S Architects 

Avec des bureaux à Trévise et à Londres, le bureau d’architecture C+S Architects a été fondé en 1994 à Venise par Carlo Cappai et Maria Alessandra Segantini. Ils comptent à leur palmarès des projets haut de gamme de renommée internatio- nale en matière d’urbanisme, d’architecture et d’aménagement d’intérieur, et ce, tant pour le secteur privé que pour le secteur public. C+S Architects opte sys- tématiquement pour une approche innovante et durable et parvient à intégrer ses concepts forts dans l’identité historique des sites. Ses projets sont exposés sur la scène mondiale. 

web.cipiuesse.i 

Panquin Tervuren  

Plus de 20 bureaux d’architecture internationaux ont participé à un concours pour rénover le site Panquin. Le projet gagnant, proposé par C+S Architects, change le visage de Tervuren tout en respectant son patrimoine historique. Un projet dans lequel ION s’est lancé avec passion, en collaboration avec la société flamande d’investissement PMV. 

panquin.be 

Panquin