Helsinki

Le mot "capitale" évoque généralement l’agitation, le bruit et les bâtiments gris. Mais pas pour les Finlandais. Helsinki est en effet une ville verte et dynamique, dotée d’un plan climatique ambitieux. En 2035, la capitale finlandaise souhaite être 100 % climatiquement neutre, et son plan pour y parvenir est on ne peut plus clair.  

En septembre 2017, la municipalité a décidé de rapprocher l’échéance. Alors qu’Helsinki envisageait d’être neutre en CO2 d’ici 2050, elle a réduit son délai de quinze ans. Sonja-Maria Ignatius, planificatrice de projet au sein du département Environnement de la ville, explique pourquoi la ville a osé prendre cette décision. " Dans le nord, les ci- toyens sont bien conscients du changement climatique. Des études révèlent que plus de 80 % de la population est “inquiète” voire “très inquiète” pour le climat. Elle exige par conséquent une politique écologique. Encouragée par l’opinion publique, la municipalité a réalisé une vaste évaluation en 2017 pour déterminer que la neutralité climatique était possible d’ici 2035. Une feuille de route concrète a été établie pour atteindre ce nouvel objectif. "  

Dernière occasion d’agir

Helsinki

Rendre Helsinki climatiquement neutre n’est pas une vague promesse. Le plan " Carbon Neutral Helsinki 2035 " comprend 143 mesures visant à réduire la consommation d’énergie de la ville. À cet effet, le fournisseur d’énergie local Helen Oy est un partenaire important. À l’avenir, l’entreprise produira toute l’énergie de la ville de manière totalement neutre en CO2.  

Les habitants ont reçu la "Climate Roadmap" : une brochure claire qui explique comment chacun peut et doit contribuer au projet. La feuille de route est sans équivoque : " Notre génération est la première à faire l’expé- rience du changement climatique. Mais nous sommes aussi les derniers à pouvoir en arrêter les conséquences incontrôlables. " Viennent ensuite les conseils. Ceux-ci vont de " prenez chaque jour une douche de cinq minutes  "La pollution liée au chauffage est en effet un problème de taille dans un pays froid comme la Finlande ", explique Sonja-Maria. " Il s’agit même de la principale source de gaz à effet de serre de la ville. L’administration publique mise donc fortement sur la rénovation des vieux bâtiments, la récupération de chaleur et la géothermie. Les nouveaux bâtiments sont soumis à des règles strictes. "  

Naturellement, cette politique claire essuie parfois certaines critiques. Comme l’a indiqué Sonja-Maria, la population adhère globale- ment aux changements, mais elle a également des remarques à signaler. " Comme nos mesures influencent la vie quotidienne des citoyens, elles suscitent des réactions mitigées.  

Prenons l’exemple de la voiture. Tout le monde rêve d’une ville respectueuse du climat, mais nous n’allons pas tous nous réjouir de ne plus pouvoir rouler en voiture dans le centre. " La municipalité en demande en outre beaucoup aux entreprises locales, qui s’en rendent bien compte. " Depuis le début, le monde de l’en- treprise est étroitement impliqué dans le plan climatique. Plusieurs chefs d’entreprise ont même contribué à son élaboration. Par ailleurs, nous continuons de les consulter en ce qui concerne sa mise en œuvre et son évaluation ", souligne Sonja-Maria.  

Impressionnante efficacité

Helsinki

Le cas d’Helsinki confirme que nous pouvons changer notre comportement global. " Nos émissions de CO2 totales ont baissé de 24 % depuis 1990, alors que la population d’Helsinki compte 150 000 personnes de plus ", indique Sonja-Maria. " Les émissions par habitant sont 42 % plus faibles qu’il y a trente ans. "