Antoine Geerinckx

Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir si vous pourriez réduire vos propres émissions de CO2 ? Antoine Geerinckx s’est mis en quête de la réponse à cette question en 2004 sans pour autant la trouver. Deux ans plus tard, il fonde CO2logic afin de permettre aux entreprises de compenser leur impact climatique et de mériter ainsi le label neutre en CO2. “Les entreprises qui contribuent à un meilleur environnement, méritent d’être reconnues”, considère Antoine Geerinckx.  

Antoine Geerinckx était convaincu qu’il n’était pas le seul à vouloir limiter son impact climatique, même s'il s’est avéré tout sauf évident de trouver des chefs d’entreprise enthousiastes. “Au début de CO2logic, nous contactions des entreprises à tire-larigot. Malheureusement, réduire l’impact climatique ne figurait pas encore parmi leurs priorités. Heureusement, quelques mois plus tard, la sortie du film d’Al Gore Une vérité qui dérange a donné lieu à une importante prise de conscience. Ce film a stimulé des chefs d’entreprise à pallier à leur impact climatique.”  

Give back in line with your impact

CO2logic fonctionne en trois étapes. Elle calcule d'abord l’émission totale de l’en- treprise. Ce calcul tient compte tant de l’élec- tricité et du gaz que du refroidissement et des déplacements domicile - lieu de travail. Au cours de la deuxième étape, elle conseille l’entreprise afin de réduire au maximum son mission actuelle. La troisième étape, enfin, consiste en une compensation de l’émission de CO2 restante par le biais de projets certifiés en Afrique. “Nous choisissons l’Afrique parce que nous pouvons réellement y jouer un rôle actif”, explique Antoine Geerinckx. “Les pays occidentaux qui ont signé la convention clima- tique, vont prendre de réelles mesures pour le climat à l'avenir. Ce sont les gouvernements qui prennent ces décisions, mais dans les pays en développement, l’émission de CO2 ne fera qu’augmenter.”  

CO2logic collabore avec des ONG locales qui mettent en œuvre des projets climatiques avec la population. “Chaque semaine, plusieurs ONG nous contactent pour collaborer, mais nous ne pouvons pas aider tout le monde. Nous cher- chons invariablement des partenaires qui ont une réputation solide, qui ont des liens étroits avec la population locale et qui disposent des compétences requises. Tous nos projets sont certifiés par un label Gold Standard. Un certifi- cat qui se mérite. Tout doit être vérifiable afin de garantir qu’une entreprise qui veut com- penser 1 000 tonnes de CO2, le fait réellement.”  

Saving Trees

À ce jour, CO2logic a des projets en Ouganda, au Bénin, au Kenya, au Burkina Faso et au Congo. Le fil conducteur de toutes ces initia- tives : la déforestation, une des causes pre- mières du changement climatique. La cuisine pose un grave problème en Afrique. Pas moins de 93 % de la population cuisine au bois, aujourd’hui encore. La croissance de la popu- lation fait que les gens ont besoin de plus en plus de bois pour survivre. Par conséquent, les forêts sont en danger. Des forêts cente- naires recelant une riche diversité d’animaux, de matières premières et de nutriments, sont abattues. De plus, les feux au bois sont très malsains : la fumée provoque des infections des voies respiratoires, la cause de décès la plus importante en Afrique après la malaria.  

Le projet Saving Trees en Ouganda, un projet que ION soutient également, s’attaque à la source de ces problèmes. “Nous cherchions une solution qui protège les arbres tout en améliorant la qualité de vie de la population locale. Nous l'avons trouvée : des petits fours tout simples qui consomment beaucoup moins de bois et produisent moins de fumée. Grâce à ce nouveau four, une famille réduit de moitié sa consommation de bois et économise quelque 100 dollars par an. De plus, chaque four réduit de 2 tonnes l’émission annuelle de CO2. Mais il y a des avantages supplémentaires : les gens doivent aller chercher moins de bois, peuvent cuisiner plus rapidement et souffrent moins souvent d’infections respiratoires”, explique Antoine Geerinckx.  

“Les fours sont produits sur place et créent par la même occasion de l’emploi à long terme. C’est ce qui fait la force de nos projets : il ne s’agit pas d’aide ad hoc, d’efforts qui ne font qu’une différence passagère. Un four défectueux est réparé sur place, et tous les matériaux sont réutilisés. La population locale est formée à ces tâches”, raconte Antoine Geerinckx.  

L’action climatique comme plan d'affaires

À ses débuts, CO2logic a rencontré beaucoup de scepticisme. Certaines ONG et certains écologistes mettaient en question la noblesse qu’il peut y avoir à défendre le climat et à y ga- gner sa vie en même temps. “Cela nous a nuit, au début”, reconnaît Antoine Geerinckx, “mais nous disposons entretemps de suffisamment de preuves qui démontrent que nous faisons vraiment la différence. Le reproche que l’on nous faisait à l’époque, ne tient pas la route. Alors que certaines entreprises gagnent de l’argent avec un impact négatif sur la planète, notre philosophie à nous est de générer du revenu en ayant un impact positif. Nous four- nissons de façon professionnelle des capitaux internationaux à des projets climatiques sé- rieux. Aucune organisation ne peut avoir quoi que ce soit à redire à cela.”  

CO2logic suit une approche mûrement réfléchie. Fait indispensable, car l’on n’obtient pas un label Gold Standard sans chiffres concrets prouvant les résultats obtenus grâce aux efforts consentis. Une garantie en termes de transparence et de crédibilité : les projets certifiés ne se contentent pas de planter des arbres pendant que l’on en abat à un autre endroit. Ce sont des mécanismes qui protègent le climat à long terme.  

Les projets de CO2logic sont, eux aussi, régulièrement contrôlés. “Nous devons être sûrs que la population locale entretient le projet”, dit Antoine Geerinckx. “Dans les zones urbaines du Congo, par exemple, les fours sont transportables. Afin d’éviter que les gens ne vendent leur four, nous leur faisons payer une petite somme d'argent au lieu de les distribuer gratuitement. Au Bénin, nous avons un autre exemple. Nous y distribuons le Teg-Stove : des petits fours qui permettent de charger de petits appareils, comme des GSM ou des lampes LED, pendant que l’on cuisine. Nous devons bien évidemment éviter que les personnes ne brûlent du bois pour charger leur GSM, donc nous distribuons parallèlement de petits panneaux photovoltaïques. Sans cela, nous créons un nouveau problème, nous devons bien surveiller cet aspect.”  

Reconnaissance 

“Actuellement, de plus en plus d’entreprises nous contactent spontanément. En choisis- sant d’être neutre en CO2, l’on est personnelle- ment responsable de son impact sur le climat, au lieu d’en accabler la société et les généra- tions futures. Les entreprises qui agissent de la sorte, méritent d’être reconnue. C’est ce qu’il y a de plus important à nos yeux”, dit Antoine Geerinckx. “Que chacun balaye devant sa porte et les rues seront nettes.” 

Le label neutre en CO2

Afin de réduire au maximum son empreinte écologique, ION collabore avec CO2logic, d’une part pour limiter au minimum les émissions de CO2 et d’autre part, pour compenser les émissions restantes en soutenant un projet climatique en Ouganda. Grâce aux efforts déployés, ION est le seul promoteur immobilier belge à avoir obtenu un label neutre en CO2 pour la deuxième année consécutive en décembre 2017. 

Klimaat